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Pourquoi j'ai décidé de quitter Google & Samsung

Cet article est le premier épisode de ma série “De Samsung à Fairphone + Murena OS”. Je raconte ici pourquoi j’ai décidé de changer de téléphone et surtout, de changer d’écosystème.


Ce n’est pas arrivé du jour au lendemain

Je ne me suis pas réveillé un matin en me disant : “Aujourd’hui, je quitte Google.” Non. C’est une accumulation. Une série de petits moments qui, mis bout à bout, ont fini par former une évidence.

Et puis ce samedi, mon Samsung a tranché à ma place. Une chute. Un écran noir. Le téléphone fonctionne encore mais plus moyen de voir quoi que ce soit. Parfois le destin fait bien les choses.

Pendant des années, j’ai utilisé des Samsung sous Android sans vraiment me poser de questions. Les appareils fonctionnaient, les applications étaient là, tout était fluide. Pratique. Confortable. Et c’est exactement le problème.


Premier malaise : la sensation de ne rien maîtriser

Tout a commencé par une impression diffuse, difficile à nommer. Celle de ne pas vraiment contrôler ce qui se passe sur mon propre téléphone.

Des mises à jour qui s’installent seules. Des applications Samsung préinstallées qu’on ne peut pas désinstaller. Des paramètres enfouis à cinq niveaux de profondeur dans les réglages. Des notifications de services dont je n’avais jamais entendu parler.

Mon téléphone, c’était mon téléphone, enfin pas vraiment. C’était surtout le téléphone de Samsung et de Google, que j’avais le droit d’utiliser.

Cette sensation d’utilisateur passif, locataire de mon propre appareil, a été le premier déclic.


Deuxième prise de conscience : ce qu’ils savent vraiment sur moi

En cherchant à comprendre pourquoi mon téléphone se comportait ainsi, je suis tombé sur des choses qui m’ont mis mal à l’aise.

Google collecte en permanence : votre localisation (même quand vous ne l’utilisez pas), vos recherches, vos habitudes d’achat, vos préférences, vos contacts, vos déplacements, vos centres d’intérêt. Et Samsung fait de même, en parallèle, avec sa propre couche de services.

Ce n’est pas un secret. C’est même écrit dans les conditions générales que personne ne lit.

L’anecdote WhatsApp qui m’a glacé

Un ami publie un message dans un groupe WhatsApp commun. Il met en garde les membres du groupe sur le manque de discrétion de la plateforme, sur le fait que nos conversations ne sont peut-être pas aussi privées qu’on le croit.

Quelques minutes plus tard, il me rappelle, interloqué : WhatsApp venait de lui envoyer un message automatique lui expliquant que WhatsApp est sûr et que ses messages sont protégés par le chiffrement de bout en bout.

Coïncidence ? Peut-être. Mais cette coïncidence troublante a suffi à nous poser une question simple : si personne ne lit nos messages, comment WhatsApp a-t-il su qu’il fallait nous rassurer à ce moment précis ?

”Moi je n’ai rien à cacher”

C’est la réponse qu’on entend le plus souvent quand on soulève ces questions. Et je la comprends, je l’ai moi-même prononcée.

Mais j’ai trouvé deux façons de la mettre en perspective.

La première : et si votre facteur, avant de glisser vos lettres dans la boîte aux lettres, les ouvrait et les lisait ? Rien d’illégal dans votre courrier ? Parfait. Mais est-ce que vous accepteriez ça pour autant ?

La deuxième, je l’ai testée en vrai, lors d’un repas entre amis. Face à quelqu’un qui m’assurait n’avoir rien à cacher, j’ai simplement dit : “Alors donne-moi ton téléphone, je vais lire à haute voix tes derniers messages et on va regarder tes photos ensemble.”

Silence. Malaise. Refus immédiat.

Ce n’est pas une question de secrets. C’est une question d’intimité. Et l’intimité, c’est un droit, pas un privilège réservé aux gens qui ont quelque chose à dissimuler.

La vie privée, ce n’est pas un truc pour les gens qui ont des secrets. C’est un droit fondamental. Et j’avais progressivement arrêté de l’exercer.


Troisième réflexion : jusqu’où va notre dépendance ?

Il y a quelques semaines, je suis tombé sur une interview qui m’a marqué. Nicolas Guillou, juge français à la Cour Pénale Internationale, a été placé sous sanctions américaines suite à l’affaire Netanyahu. Du jour au lendemain, cet homme a perdu l’accès à Amazon, PayPal, Airbnb, Netflix, Visa et Mastercard.

👉 Regarder l’interview sur RTL

Ce n’est pas de la science-fiction. Ce n’est pas un régime autoritaire lointain. C’est un juge français, en 2026, qui se retrouve exclu de la quasi-totalité des services numériques du quotidien — parce qu’une entreprise privée américaine a décidé de le sanctionner.

Ça m’a frappé. Parce que ce que vit cet homme, c’est la démonstration brutale de ce que nous avons tous accepté sans y penser : notre vie numérique repose sur des services que nous ne contrôlons pas, hébergés par des entreprises que nous ne pouvons pas contraindre, soumises à des lois qui ne sont pas les nôtres.

Mon smartphone, c’est la même chose en miniature. Un appareil où chaque service, chaque application, chaque donnée appartient à quelqu’un d’autre.


Quatrième réflexion : l’impact environnemental

La question de la vie privée m’a amené à creuser plus loin. Et j’ai découvert le Fairphone.

Un téléphone conçu pour durer. Réparable soi-même, avec des pièces disponibles et documentées. Fabriqué avec des matériaux sourcés de façon plus éthique. Une démarche aux antipodes du modèle classique qui nous encourage à changer de téléphone tous les deux ans.

Et là, j’ai pensé à mon Samsung avec l’écran noir. Si c’était arrivé à un Fairphone 6, j’aurais pu commander un écran de remplacement pour environ 117 €, et le changer moi-même en 5 minutes chrono avec un simple tournevis. Pas besoin de SAV, pas besoin d’un technicien, pas besoin de s’en séparer pendant 15 jours. À titre de comparaison, remplacer l’écran d’un iPhone 16 Pro Max coûte jusqu’à 489 € chez Apple, soit plus que la totalité des pièces remplaçables du Fairphone 6 réunies.

Je ne vais pas vous faire un cours sur l’empreinte carbone du numérique, ce n’est pas l’objet de cet article. Mais cette dimension a pesé dans ma décision. Acheter un Fairphone, c’est aussi choisir un rapport différent à nos objets technologiques : les réparer plutôt que les jeter, les garder plutôt que les remplacer.


Alors pourquoi maintenant ?

Parce que les alternatives sont enfin matures.

Il y a cinq ans, quitter Google sur Android relevait du parcours du combattant. Aujourd’hui, des systèmes comme Murena OS proposent une expérience Android complète, sans Google, avec une interface soignée et des services de remplacement intégrés.

Ce n’est plus réservé aux geeks barbus qui compilent leur ROM dans leur garage. C’est devenu accessible — pas encore aussi simple qu’un iPhone, mais suffisamment pour quelqu’un de curieux et motivé.

Et c’est exactement ce que je vais documenter dans cette série.


Le coup de grâce et la décision

J’aurais peut-être encore tergiversé des mois. Continué à réfléchir sans agir, à peser le pour et le contre, à remettre à plus tard.

Et puis ce samedi, mon Samsung est tombé. Écran noir. Plus rien à voir. Le téléphone vit encore, quelque part dans son boîtier — mais il m’est devenu inaccessible. Ironique, non ? Un appareil censé me connecter au monde, qui me laisse soudainement dans le noir.

Face à l’obligation de changer de téléphone, j’avais deux options : racheter un Samsung, par réflexe, par habitude ou saisir l’occasion de faire ce à quoi je pensais depuis des mois.

La décision a été prise en quelques secondes.

Une précision importante : je ne jette pas Samsung aux orties. J’ai encore une tablette et une montre connectée Samsung, et j’en suis satisfait — elles fonctionnent bien, elles font ce qu’on attend d’elles. Je ne vais pas les changer pour l’instant. Mais lors d’un prochain renouvellement, je regarderai des alternatives dans l’esprit du Fairphone.

Ce n’est pas une croisade anti-Samsung. C’est simplement le choix de reprendre la main, là où je peux, quand l’occasion se présente.

Ce que je ne promets pas

Je ne vais pas vous dire que c’est facile, que tout fonctionne parfaitement et que vous ne regretterez rien. Ce serait vous mentir.

Il y aura des frictions. Des applications qui ne fonctionneront pas. Des habitudes à changer. Des compromis à accepter.

Mais je vais tout documenter honnêtement : le bon, le moins bon, et les solutions que j’ai trouvées. Cette série, c’est mon carnet de bord — pas une brochure publicitaire.


La suite

Dans le prochain épisode, je vous présente les deux acteurs principaux de cette aventure : le Fairphone 6 et Murena OS. Qui sont-ils, d’où viennent-ils, et pourquoi j’ai choisi cette combinaison plutôt qu’une autre ?

👉 Épisode 2 — Fairphone 6 & Murena OS : c’est quoi exactement ? (à venir)


Vous êtes dans la même réflexion ? Vous avez des questions avant de vous lancer ? N’hésitez pas à me contacter — je lis tous les messages.


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